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l'existentialisme

 
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MessagePosté le: Lun 24 Aoû - 16:42 (2009)    Sujet du message: l'existentialisme Répondre en citant

Toute histoire humaine (sans doute aussi animale, mais là n’est pas mon propos !), grande ou petite, collective ou individuelle, peut se résumer à des jeux de rapprochements ou d’éloignements pour dominer ou fuir, chasser ou rencontrer, avec, conséquences inévitables, des collisions et des ruptures. Nous nous éprouvons « trop près » de telle ou telle chose, personne ou groupe, et nous nous en éloignons, jusqu’au moment où nous sommes allés « trop loin » ; nous amorçons alors un retour… et ainsi de suite ! C’est toujours trop et pas assez, trop loin et pas assez près, trop près et pas assez loin, mais, de toutes façons, ce n’est jamais « comme il faut » ! Et c’est la cause du mouvement perpétuel de l’histoire ! Un moment chasse l’autre, une génération se construit sur les ruines de la précédente, et la mode du large et du court détrône celle de l’étroit et du long. Le « trop » fameux effet de balancier peut décrire tous les évènements humains, physiques, psychiques, sociaux, conceptuels et amoureux ; et c’est bien lui qui est observable dans l’histoire des philosophies ! Le plan du balancier va de l’apparence à l’essence, du paraître à l’être, de l’existence à l’essence, ou, plus simplement du « dedans » au « dehors » (de l’individu, de la caverne, de la société, de la norme, etc.) : peu importe finalement le point de vue extérieur ou intérieur du sujet, c’est toujours la même impossibilité d’atteindre l’équilibre, de dresser la tente au sommet, de rester sur le seuil, parce qu’il faut bien qu’une porte soit ouverte ou fermée, et que, quelque soit la beauté du panorama, il faut bien tôt ou tard redescendre et vaquer à ses petites affaires. Certains n’ont pu se résoudre à cette « inconciabilité », cette « incompossibilité » ou, plus simplement, cette alternative fatale ; Jankélévitch, après tant d’autres et mieux que beaucoup, nous apprend que c’est dans les franchissements instantanés (du sommet, de la frontière, du seuil, de la bonne distance…), que notre humanité se construit : l’équilibre est précisément dans cette autre dimension, transcendante, qui s’appelle l’instant et qui n’est pas une dimension, alors que l’existence comme la raison qui l’interprète est, dans la durée ou l’espace, notre dimension humaine ! L’inaccessible étoile, « la chose » que tout humain recherche plus ou moins consciemment, qui échappe à toute « prise » de conscience, ne l’effleure que dans une « apparition disparaissante », n’est qu’entrevue dans une intuition éclair,… lors du passage instantané du balancier, individuel ou collectif, à l’équilibre : l’instant d’avant il était trop tôt, l’instant d’après il est déjà trop tard, et il faut attendre la nouvelle occurrence. C’est un « je ne sais quoi » et un « presque rien » qui est tout ! Mais n’allons pas trop vite, et observons les derniers mouvements de notre balancier philosophique, de la phénoménologie à l’idéalisme, puis à l’existentialisme… qui n’est qu’une autre appellation de la phénoménologie, puisque l’existence ne peut s’appréhender que dans ses phénomènes ou ses apparitions, de la métaphysique à la raison, et du rationalisme à l’amour, tel qu’il est aujourd’hui conceptualisé (si tant est que l’amour puisse être conceptualisé ?!) par Jean-Luc Marion !
Leopardi, Kierkegaard et Nietzsche, ou la genèse de l’existentialisme
Si j’ai pris la liberté de les rassembler, c’est pour trois raisons principales.
 D’abord, et c’est purement anecdotique, je les ai découverts ou redécouverts, tous les trois, à travers les lunettes de Robert Maggiori, dans son livre passionnant À la rencontre des philosophes.
 Ensuite, et c’est plus profond, ils sont, de 1800 à 1900, tous trois issus de la révolution française, laquelle marque un tournant dans l’Histoire mondiale, même si ça fait un peu « cocorico » : je préciserais en disant qu’ils incarnent, dans la même mouvance, la révolution philosophique contre l’idéalisme chrétien ou la chrétienté idéaliste. Autrement dit, ils sont à la révolution française ce que la religion chrétienne et l’idéalisme conséquent étaient à la monarchie ; avec eux, grandit l’existentialisme.
 Enfin, et c’est lié à ce qui précède en le développant, ils sont tous trois marqués à la vie et à la mort, comme moi mais tragiquement plus que moi, par une éducation chrétienne rigide : cette éducation les a enfermés dans une sorte de « non-existence », qui a fait de Leopardi le grand-père officieux, de Kierkegaard le père officiel, et, de Nietzsche le fils prodigue de l’existentialisme.
En fin de compte, ces trois personnages illustrent à merveille trois convictions que je partage avec beaucoup.
 La première est que le paradoxe humain le plus dramatique est sans doute celui qui fait que nous n’apprécions « les choses », et en particulier l’existence, que QUAND et DANS LA MESURE OÙ elles nous manquent : ce n’est pas un hasard si ces trois figures de l’existentialisme sont précisément des personnes qui n’ont pas vécu une existence digne de ce nom !
 La seconde est que « les choses », encore elles mais n’est-ce pas ainsi que peut être nommée la totalité, parviennent à maturité pratiquement à la même époque dans tous les coins du globe, comme par une magie naturelle : ainsi de la vie qui serait apparue dans divers points du globe, ainsi de l’éveil de la conscience, ou de ses avancées décisives chez Akhenaton, Bouddha, Socrate et autres Jésus.
 La troisième conviction enfin est l’enfermement de notre humanité dans le sempiternel mouvement de balancier dont j’ai parlé en introduction. L’existentialisme n’est apparu, en particulier avec nos trois tristes compères, que pour prendre le contre-pied de la primauté de la pensée sur l’existence prônée par l’idéalisme : il affirme que l’existence est première… et nous voilà repris dans le dilemme logique « ou… ou… », « tantôt l’un…, tantôt l’autre… », sur l’air de « Est-ce la poule qui a fait l’œuf ou l’œuf qui a fait la poule ?! ». À la suite de Jankélévitch, je ne peux que constater que l’œuf et la poule, l’existence et l’essence, la vie et l’idée, ont été, sont et seront toujours posées simultanément, et en dehors de toute logique, dans ce qu’il faut bien appeler un « au-delà », une métalogique ou une métaphysique. Lorsqu’un humain a l’intuition de ce mystère, la difficulté extrême est alors de demeurer sur le seuil à guetter son « apparition disparaissante » sans vouloir mettre la main sur elle : nous allons voir comment chacun des trois a vécu ce drame qui est le propre de l’humain.
Si, au long de cet écrit, je me compare à ces trois, c’est que, pour apprécier quelqu’un, je le compare à moi-même, ou « le juge d’après moi-même ». L’image qu’il a de lui-même n’est-elle pas la seule aulne à laquelle tout un chacun mesure les autres ? ! Et, pour faire plaisir à certains benêts, c’est aussi par prétention !
Leopardi, le rat de bibliothèque :
Tel qu’en l’article de Maggiori Robert, lu par moi :
Bien que de quinze ans l’aîné de Kierkegaard, Giacomo Leopardi fait preuve de plus de maturité que lui, et va jusqu’au bout de sa prise de conscience, et de distance vis-à-vis de la religion chrétienne ! Il faut dire à la décharge de Kierkegaard, qu’il était plus lourdement grevé que Leopardi, et infiniment plus que moi-même, au niveau de la culpabilité, qui est le ressort le plus puissant de la « crainte ». Ce sentiment, le seul religieux, est celui qu’éprouve l’homme mis en présence de Dieu, prenant d’autant plus conscience de sa relativité qu’il est face à l’absolu, et inversement, prenant d’autant plus conscience de l’absolu ou sainteté de Dieu qu’il s’éprouve relatif ou pécheur : spirale infernale plus que divine, qui entraîne l’homme à avoir d’autant plus foi en Dieu qu’il a moins foi en lui-même et en ses semblables ! Cette relativité de l’homme est réelle, et ne porte pas à conséquence quand elle se découvre « naturellement » au cours de la vie dans la rencontre de soi-même, des autres, de la nature, et pourquoi pas de Dieu, bref au fur et à mesure que l’homme se frotte au monde, que, dans cette rencontre il s’éprouve lui-même comme individu à part, et que s’instaure un jeu de forces entre lui et le monde : relativité de son amour, de sa puissance, de son existence, de sa liberté, de son intention. Mais cette relativité mène à la mort quand elle est inculquée de force dans un enfant dès son plus jeune âge. Adélaïde, la mère de Giacomo, « était une femme dure, taciturne, fermée à toute manifestation de tendresse, toujours prête à brandir la croix contre les diables du plaisir, une bigote capable d’envier intimement et sincèrement, ces parents qui perdaient leurs enfants jeunes parce que ceux-ci étaient montés au ciel sans connaître le danger. ». Ma mère à moi aurait été capable d’envier les parents qui perdaient un enfant, mais théâtralement, juste pour la beauté du geste, car elle a connu la tendresse et cherché passionnément le plaisir dans la séduction des hommes. Ça ne m’a conduit qu’à la prêtrise, mais je peux imaginer l’attrait et la peur du plaisir se livrant une bataille sans merci à l’intérieur de Giacomo ! Monaldo, son père, « soumettait ses enfants à d’intensifs programmes d’études, et contrôlait l’acquisition des connaissances… » ; là encore, la comparaison donne l’avantage à mon père qui, s’il tenait à ma réussite scolaire, tenait aussi à mon bonheur et à mon épanouissement physique ! Bienheureux plaisirs de mes parents qui m’ont épargné de finir comme un rat de bibliothèque ! Et tant pis pour la gloire que je n’ai pas eue ! Mais la similitude entre nous deux, toutes proportions gardées, me donne à penser, et me permet de comprendre comment un enfant de dix ans a pu s’enfermer dans une bibliothèque, « y travailler sans trêve, à genoux devant sa petite table pour pouvoir écrire jusqu’à l’ultime instant avant que la bougie ne s’éteigne », et en ressortir « sept années d’études folles et désespérées » plus tard, « ruiné, la colonne vertébrale déviée, les yeux presque aveugles,… abîmé misérablement et sans remède pour toute la vie » ! Je n’ai vécu cela que de dix huit à vingt ans, durant les deux années de « taupe », en classes préparatoires aux concours des grandes écoles : ça m’a marqué, moins que Leopardi, mais je peux extrapoler, n’en déplaise à ses adorateurs !
Moins marqué que Sǿren Kierkegaard par la culpabilité, Giacomo Leopardi se débarrasse rapidement de la religion, et fonde l’existentialisme dans la recherche éperdue de cette existence qui lui a été volée. « Toujours souffrant, ne connaissant d’autre bonheur que l’illusion, conscient que jamais ni le regard ni la voix, ni l’existence elle-même ne peuvent se porter sur la réalité, mais seulement l’effleurer dans son irréversible disparition, il n’arrêtera jamais de traîner sa vie avec ses dents. ». Leopardi va jusqu’au bout de l’existentialisme, et accepte son infirmité d’humain qui ne peut qu’effleurer, entrevoir Le Mystère, dans son « apparition disparaissante » comme dirait Jankélévitch. Avec « les philosophes et la plupart des hommes de sentiment », armés de la « funeste connaissance des choses », il affronte en vrai existentialiste « le néant, le vide, la vanité des occupations humaines, des désirs, des espérances… toutes les illusions de la vie sans lesquelles il n’est point de vie ». Maggiori termine en écrivant : « il n’a cessé de se livrer au travail de la douleur comme mode de connaissance, comme rapport à l’Être au moment où il apparaît/disparaît. » Voilà qui est dit : Leopardi accepte son statut douloureux d’existentiel, d’humain, ne cherche pas à le sublimer, mais l’assume et fait de la douleur (du manque ?), comme en négatif, l’unique mode de connaissance !
Tel qu’en ses écrits, lus par moi :
J’attends l’occasion de me procurer le Zibaldone, pour me perdre un peu dedans.
Kierkegaard, la grenouille de bénitier :
Il a vingt quatre ans quand meurt Leopardi !
Tel qu’en l’article de Maggiori Robert, lu par moi :
Je résumerais ma lecture dans une image, celle d’une grenouille dans un bénitier : c’est bien ainsi que m’est apparu Sǿren Kierkegaard dans l’article écrit par Robert Maggiori à son sujet. Cette grenouille a entendu parler du monde extérieur à son bénitier, des étangs et des marais, des bagarres et des concerts de grenouilles, des pécheurs et des mangeurs de grenouille, des crapauds et des accouplements si bruyants qui donnent naissance à des têtards, et elle imagine avec envie et avec terreur, attrait et répulsion, les mille délices et les mille et un dangers de ce monde…. Elle voudrait sauter du bénitier, et partir à sa découverte, mais elle reste paralysée, prisonnière de son bénitier ! Pourquoi ? Seul un psychanalyste de grenouilles risquerait une explication, et encore : Kierkegaard lui-même le met au défi d’y parvenir, et parle d’un secret caché « au tréfonds ». Secret de Polichinelle que cette peur dont l’ombre infinie se projette sur le mur des justifications que la grenouille s’acharne, dans une écriture ininterrompue, à dresser entre elle et ce monde, comme pour expliquer son choix qui, comme toujours et plus que toujours, n’en est malheureusement pas tout à fait un !
Robert Maggiori nous le raconte, Sǿren Kierkegaard a découvert le monde en faisant le tour de la table de la salle à manger, la main dans celle d’un vieillard schizophrène, l’oreille attentive à ses descriptions fantasmées : son père, car c’est de lui dont il s’agit, coupé en deux entre sa perversité et son fanatisme religieux, avait définitivement choisi, pour survivre, d’obéir à son surmoi, et de se voir dans le monde comme un pauvre mais fidèle pécheur, perdu au milieu d’un immense champ de tentations ! En termes plus classiques, le père de Sǿren s’est débarrassé sur ses enfants d’une culpabilité énorme, à la mesure de l’abîme qui séparait son surmoi de ses actes. Ajoutons que cette culpabilité était elle-même pervertie, perversion sur perversion, puisque, dans la religion bourgeoise de cette époque, son poing levé vers Dieu était un péché infiniment plus grave que le viol de sa jeune bonne ! S’il est relativement facile d’imaginer le monde et ses relations de cause à effet, il est pratiquement impossible d’imaginer l’amour et ses relations sans cause ni effet ; c’est précisément là que la foi s’avère bien utile, puisque l’amour de Dieu ressemble à s’y méprendre à l’amour de soi qui n’est qu’égoïsme, et la Bible a beau proclamer que « celui qui prétend aimer Dieu sans aimer son frère est un menteur », le croyant de mauvaise foi a toujours raison d’avoir la foi !
Beaucoup plus lucide et honnête que ce père pervers, Sǿren Kierkegaard garde de cette éducation une incapacité à s’engager dans quelque relation que ce soit ! C’est bien connu, une grenouille qui veut se faire comme un bœuf, un chameau qui veut entrer par le chas d’une aiguille, ou un humain qui veut être saint, n’ont le choix qu’entre deux solutions, vivre dans l’illusion comme son père, ou vivre dans la Crainte et le tremblement (titre d’un de ses livres)… et la paralysie, et c’est son cas. Cette incapacité à s’engager est avérée au plan professionnel : « incorporé dans la Garde royale, il sera réformé… Docteur en philosophie, il n’enseignera jamais… Théologien, il refusera de devenir pasteur... ». Elle l’est, plus dramatiquement, au plan affectif : « Sǿren connaît Régine… leur amour est immédiat… Il demande la main de Régine qui accepte… », et, un an plus tard, « il lui retourne sa bague de fiançailles… rompt définitivement » !
« Où Kierkegaard a-t-il cherché la force d’écrire des milliers de pages? » : interroge Robert Maggiori ? Mais simplement de l’obligation, pour un homme incapable de s’engager, de justifier ce « non choix », et du désespoir de ce même homme, s’il est honnête, de se rendre compte que son entreprise est vaine, et qu’il ne fait qu’habiller de nobles raisons une infirmité. De cette paralysie, Sǿren Kierkegaard a une claire conscience, qui lui permet de la diagnostiquer chez les autres, chez tous les philosophes, parmi lesquels il est vain de chercher un Socrate, et chez Hegel en particulier ; mais, en clair, il ne fait que juger les autres d’après lui-même. Il décèle bien dans LE CHOIX le point de rencontre de l’homme avec l’absolu, mais incapable de sortir du bénitier dans lequel il a été plongé à sa naissance, il proclame qu’il choisit … d’y rester. Il privilégie le seul choix de la foi, qui n’en est pas un, aux multiples choix concrets de l’existence. Le choix de la foi, qui serait d’après lui, le choix supérieur et ultime, est un non choix, dans le sens où il n’influe en rien ni sur Dieu ni sur l’homme, puisque Dieu est ou n’est pas, et que, s’il est, il fait lever son soleil sur les mauvais comme sur les bons ! L’exemple d’Abraham, le même que celui de Jésus, est d’ailleurs parlant : leur seul héroïsme, ou sainteté, a été de contester la religion de leur temps au nom de l’amour humain, et tous deux ont été récupérés par le discours religieux : Abraham l’a été par les rabbins et Sǿren Kierkegaard, Jésus par un certain Paul qui avait lui aussi « une écharde dans la chair »… comme par hasard !
L’honnêteté de Sǿren Kierkegaard le conduit, contrairement à son père, à la claire conscience de sa condition humaine : elle le pousse à scruter anxieusement les parois de ce bénitier dans lequel il se débat, ce petit monde de Don Camillo, et à imaginer l’extérieur en plus grand, en plus désespérant, en plus angoissant … ou en plus paradisiaque, mais dans un paradis « à venir » ! De cet acharnement à décrire et analyser, avec extrême minutie et honnêteté intellectuelle, l’existence étroite de l’humain acculé dans sa prison à la liberté, grandit l’existentialisme. Maggiori écrit superbement : « il a montré que le malheur de la conscience n’était pas guérissable, ni par la connaissance, ni par l’action (ça, il n’en savait rien et pour cause !), mais exigeait que l’homme se supporte comme tension… ». Finalement, cette tension aura le dernier mot, puisque Sǿren la résoudra dans la religion, en consacrant comme ultime le stade religieux, lequel est tout sauf existentiel, fondé qu’il est sur des dogmes et des révélations. Après s’être élevé et nous avoir élevés avec lui vers le mystère de l’existence, loin de tout idéalisme et encore plus de toute religion, il retombera dans l’irrationnel de la religion, et la chosification du mystère !
Tel qu’en ses écrits, lus par moi :
Quant à ses propres écrits, j’ai lu avec un grand intérêt « La maladie à la mort », du temps où, encore prêtre de l’Eglise catholique, je m’interrogeais sur ma foi en Dieu, et mon statut de croyant et de prêtre. J’avais emprunté ce livre dans la salle d’attente du psychanalyste chez lequel j’allais m’allonger deux fois par semaine, dans le secret espoir d’y trouver un père moins religieux que mes parents, une mère qui m’autorise enfin à remettre en cause la toute-puissance divine de l’Eglise. Je vibrais aux écrits de Sǿren Kierkegaard, puisque, depuis la même éducation religieuse, la même culpabilité m’enfermait dans le même désespoir, et, depuis la même éducation classique, la même réflexion m’amenait à devoir faire le même saut hors de la foi. Un an plus tard, l’Eglise me chassait comme un voleur, mais, encore prisonnier de la foi et de ma culpabilité, je me débattais contre elle, comme une grenouille dans un bénitier ! Je me retrouvais encore dans les écrits où, à la fin de sa vie, Sǿren Kierkegaard avait mené une campagne violente « contre l’Eglise établie et la déchéance du christianisme » !
Puis ma route a quitté la sienne, ou, plus précisément, il s’est arrêté et j’ai continué ; grâce à la psychanalyse et à Vladimir Jankélévitch, j’ai osé le saut, alors que ses trois étapes de la vie menant à la religion l’ont ramené en arrière !
Sǿren Kierkegaard conduit à la philosophie par l’analyse fine qu’il pratique sur la réalité de l’existence, une existence d’autant plus précieuse qu’elle est fragile ! En contrepartie son manque d’engagement et son inexpérience concrète de l’amour comme de la vie l’empêchent de nous emmener plus loin, vers ce rivage qu’il pressent : son dernier stade religieux n’est pas pertinent, Dieu n’existant pas à proprement parler. Il n’a pu se débarrasser de cette foi qui, par le mur intériorisé de la culpabilité, enferme ses adeptes mieux que les murs d’une prison haute sécurité ! Il faut reconnaître à sa décharge que sa culpabilité à lui était insupportable, telle que la lui avait léguée son père, sacrilège, violeur et prétendu saint !
Nietzsche, un surhomme chez les femmes :
Nietzsche a quatre ans quand il perd son père après une maladie longue et douloureuse, puis son frère, l'année suivante, ce qui l'affecte profondément malgré son jeune âge. Il a onze ans quand meurt Kierkegaard. Le jeune Nietzsche grandit dans un milieu exclusivement féminin, entouré de sa mère, de sa sœur, de sa grand-mère et de ses tantes. Sa mère le destine au pastorat suivant la tradition familiale, son grand-père et son père ayant été pasteurs. Nietzsche commence des études de théologie, mais quitte très rapidement la religion. Ces notes historiques le rattachent très fortement à ses deux prédécesseurs (et à moi), tous deux élevés par des « femmes trop religieuses » qui partagent avec les théologiens une incapacité que Nietzsche décrit ainsi : « Un (…) signe distinctif des théologiens est leur incapacité philologique. J'entends ici par philologie (…) l'art de bien lire, de savoir distinguer les faits, sans les fausser par des interprétations, sans perdre, dans le désir de comprendre, la précaution, la patience et la finesse. ».
Tel qu’en l’article de Maggiori Robert, lu par moi :
Maggiori le présente à juste titre comme un chercheur de vérité, « celui qui philosophait à coups de marteau » pour déceler où ça sonne faux, celui qui « flaire le mensonge comme mensonger »,… comme tout humain se doit de le faire, en bon philosophe qu’il se doit d’être. Et Maggiori brosse à grands traits son entreprise de démystification, d’inversion, de « contradiction », de lutte contre le mensonge, de dynamitage, de minage, de dénonciation, d’éclatement, de révélation, d’écharpage, de balayage, de dépréciation, etc., entreprise menée tous azimuts contre le positivisme, la religion, l’idéalisme, les sciences exactes, le romantisme, la métaphysique, l’opinion publique, les valeurs dominantes, la compassion, la tradition philosophique et toutes les philosophies. Mais Nietzsche ne fait en cela que s’opposer, comme tout humain y est forcé pour se poser, sans doute mieux que la plupart des humains qui ne font que le minimum vital ou syndical ! De plus, en bon écrivain, il y met les formes, par exemple avec ces mots qu’il met dans la bouche de Zarathoustra : « Il y a plus dans ton corps que dans le meilleur même de ta sagesse ! ». Nietzsche défend l’acceptation totale et enthousiaste de la vie telle qu’elle est, cette vie qui lui fait cruellement défaut ! Rien de très original dans cette remise en question du passé, passage obligé vers soi-même : l’animal n’a-t-il pas accédé à son humanité en remettant en question les forces auxquelles son existence était soumise ?
Je reconnais donc avec Maggiori que Nietzsche est devenu un phare sur notre itinéraire humain, au même titre que Bouddha, Socrate, Jésus et tant d’autres prophètes et philosophes, et qu’il « doit sûrement cette éminence à ce qu’il a souffert dans son corps, aveugle, insomniaque, torturé par les migraines et les coliques. »
Par contre lors qu’il cite certains passages : « mon nom (…) prodigieux (…) comme il n’y en a jamais eu sur terre (…) la vérité parle par ma bouche (…) le premier homme convenable (…) le premier à avoir découvert la vérité (…) comme on ne l’a jamais fait (…) comme il n’en fut jamais (…) ce n’est qu’à partir de moi (…) », et qu’il nous demande de « résister à la tentation de voir là l’expression de quelque mégalomanie », je sens bien, moi, même si « mon génie n’est pas dans mes narines », et même si je n’ai pas de génie du tout, que le génie qui a écrit ces mots, « le plus inspiré des grands philosophes », est atteint d’une mégalomanie aiguë.
Certes « la folie de Nietzsche… n’éclaire pas rétrospectivement son œuvre, comme si elle l’avait minée depuis le début », mais il est certain que l’œuvre de Nietzsche éclaire sa folie. En effet comment supporter durablement la tension entre deux certitudes inverses, d’une part « Est vertu… le oui à la vie et au monde. », d’autre part « C’est une bonne capacité que de pouvoir considérer son état avec l’œil de l’artiste. » ; d’une part, le primat donné à la vie et au corps, autrement dit à l’existence, d’autre part, une prise à distance esthétique totale avec cette même existence ?! Comment assumer une conscience claire de la vérité absolue de « soi-même dans l’instant » et consumer le peu de vie qui reste à écrire… pour la postérité ?!
Tel qu’en ses écrits, lus par moi :
J’ai eu la chance de lire Nietzsche au séminaire. Mais oui ! J’ai étudié celui qui annonce la mort de Dieu au séminaire catholique romain interdiocésain de Saint Irénée, près de Lyon, preuve s’il en est des contradictions dévorantes qui se disputaient l’esprit de cet homme… et de l’Eglise romaine. Je dois avouer que j’ai adhéré totalement aux paroles de Nietzsche : ses paroles ne sont que la répétition ou l’actualisation de celles de Jésus toujours déformées, chosifiées par les théologiens chrétiens, déposées dans leurs dogmes. C’était le seul cours que je suivais avec plaisir, déçu comme Nietzsche par la tiédeur logique des discours chrétiens, cette tiédeur que Jésus abominait ! Ma pensée me prouve à chaque instant de mon existence qu’il est le seul vrai commentateur et le plus fidèle disciple de Jésus !
Arrêt à l’équilibre… et retour du balancier :
Et le balancier de la philosophie poursuit sa course, son sempiternel va-et-vient. Mais plus l’observateur adopte un point de vue élevé, plus cette apparence de « surplace » révèle un enrichissement progressif ; son énervement fait peu à peu place à la joie. Certes tout était déjà dit par le premier humain, proclamant dans l’ensevelissement de son compagnon un « au-delà », mais cette « chose qui n’en est pas une », ce « plus qui est dans l’homme » devient plus évident, d’une évidence jubilatoire… tout en restant caché ! Ce sont les aventures d’un autre « rat de bibliothèque » Jean-Paul Sartre, d’un « tubard en sursis » Karl Jaspers, d’un monstre bicéphale Martin Heidegger (d’autant plus intéressant qu’il est pris dès son éducation entre humanisme et religion !), etc. Je veux, avant d’analyser en profondeur l’œuvre de mon préféré, Vladimir Jankélévitch, m’attarder un peu sur celle de Carlo Michelstaetder, « fulgurante,…, unique, brûlante, inclassable, une sorte d’étoile filante… ». Je ne le connais qu’à travers les lunettes de Robert Maggiori que je cite abondamment, et il marque une plénitude, un aboutissement, beau et dramatique, ou si l’on préfère romantique, de ce mouvement philosophique dont j’ai esquissé la genèse, l’existentialisme. Il est le point d’équilibre où s’amorce le mouvement de retour du balancier, le sommet qui annonce la redescente.
Carlo Michelstaedter, arrêt du balancier à l’équilibre
Apparemment Carlo Michelstaedter ne portait pas le même handicap existentiel que ses prédécesseurs : « il aimait les filles, les promenades, les activités sportives et les bals ». Mais juif à une époque qui devait accoucher du nazisme, citoyen d’un empire austro-hongrois en train de s’écrouler, fidèle d’une religion sur le déclin, écartelé entre une mère trop sensible et un père trop « assuré », il n’avait pas vraiment été embarqué pour une croisière sur un long fleuve ! Sans tomber dans l’idéologie de la vocation suicidaire des juifs austro-triestins, et, plus généralement, sans vouloir du tout « expliquer le cas Michelstaedter », j’incline à penser que Carlo Michelstaedter avait plus de dispositions pour le suicide que pour une existence tranquille.
Dans la rédaction de son mémoire de maîtrise, la persuasion et la rhétorique, « il a essayé de dire « ce » que tout philosophe, tout poète (et j’ajouterait tout humain !) tente de dire une fois dans sa vie, « ce » que les concepts et les mots ont tant de mal à dire, « ce » que le cœur et la raison se plaisent tant ) ne point entendre. » Il écrit : « Parménide, Héraclite, Empédocle le dirent aux Grecs, mais Aristote les traita de naturalistes inexperts ; Socrate le dit, mais on édifia sur ses propos quatre systèmes. L’Ecclésiaste le dit, mais ils le traitèrent et l’expliquèrent comme un livre sacré qui dès lors ne pouvait rien dire qui fut en contradiction avec l’optimisme de la Bible ; le Christ le dit et on bâtit sur ses paroles une Eglise. Eschyle et Sophocle et Simonide le dirent, et Pétrarque le proclama triomphalement aux Italiens, Leopardi le répéta avec douleur, mais les hommes leur furent reconnaissants de ces beaux vers et s’en firent des genres littéraires. » Voilà résumé l’histoire de toute la philosophie, avec ses envols vers les sommets et ses redescentes pesantes, ses fulgurances et ses fossilisations, ses « lumières qui transpercent la brume » et ses plongées dans « la brume indifférente des choses ». C’est aussi l’histoire dramatique de Carlo Michelstaedter lui-même.
Je reprends les mots de Maggiori, citant Carlo Michelstaedter, qui montrent à l’évidence comment il vilipende l’idéalisme et porte aux nues l’existentialisme. Il met au pilori l’idéalisme, ou plus précisément ce qu’il y a de mort dans l’idéalisme : « La rhétorique, c’est l’ensemble des masques que l’homme colle sur le monde, sur les choses, sur sa propre condition, la panoplie de divertissements, d’illusions, de faux-fuyants, de lignes de fuites, … C’est le mode sur lequel les hommes croient vivre, en se concoctant des raisons de vivre, en se fabriquant des dieux, des idéaux, un paradis, un enfer, un avenir, un monde de choses maîtrisées, un passé qui explique le présent et un futur qui le justifie… Le rhéteur se place devant les choses, les considère comme un moyen instrumental de réalisation de ses projets propres… de satisfaire ses besoins, d’entretenir la continuation,… ». Et il magnifie l’existentialisme, ou plus précisément ce qu’il y a de vivant dans l’existentialisme : « La voie de la persuasion est la voie de la vie authentique… que chacun doit se frayer lui-même, où chacun est seul et ne peut espérer d’aide que de lui-même… Elle exige que l’on abandonne l’illusoire rapport de maîtrise (se retournant toujours en poids et en dépendance) sur les choses, sur le monde et sur autrui… Le persuadé vit dans les choses, … ne forme qu’un avec le monde,… n’a plus besoin de demander,… a le courage de l’impossible. ». Il somme tout un chacun de choisir entre les deux : « Que vous importe de vivre si par souci du possible vous renoncez à la vie de chaque présent ? ».
Dans des fulgurances, Carlo Michelstaeder se rend compte que l’alternative est fausse, que l’exaltation d’un existentialisme idéal sur le dos d’un idéalisme caricatural n’est pas honnête. Il a l’intuition que « ce » qu’il cherche avec tout humain est ailleurs : « L’absolu, je ne l’ai jamais connu, mais je le connais comme celui qui souffre d’insomnie connaît le sommeil, celui qui regarde l’obscurité connaît la lumière ». Fragile et fugace absolu, qui ne se donne à entrevoir qu’en creux ! Il a suffi d’un instant pour que Carlo l’oublie et se donne la mort, après avoir écrit : « il n’y a rien à attendre, rien à craindre, ni des hommes ni des choses ».
Retour du balancier
Certes, je le répète, la métaphysique est sans cesse et à raison battue en brèche par les nouvelles vagues philosophiques. La vague ne se moque-t-elle pas de la vague précédente sur laquelle elle se forme et qui est retombe, brisée et vaincue, alors qu’elle-même, dans son élan vainqueur, est en train de se briser ?!
Ce qui est vrai de l’instant est vrai du mystère qui l’habite… si tant est qu’il est mystérieux d’habiter un point, et moins qu’un point, car l’instant est inexistant, un « presque rien » et un « je ne sais quoi » ! La Métaphysique, aussitôt entraperçue dans sa pureté absolue et sa transcendance ineffable, inéluctablement, de disciples en dogmes, et de dogmes en écoles, redescend sur terre, et « se fait homme » ; elle tombe alors, sous le coup de la pesanteur, et se dépose en « physique », soumise au même enfermement logique, ne serait-ce que sous la « chaîne du langage » ! Comme Dieu, ou Le Créateur, qui n’est qu’un autre nom pour désigner le même mystère qui pose tout, la métaphysique doit rester hors d’atteinte, le travail du philosophe ne consistant qu’à s’en approcher, à élaguer autour, à détacher la gangue qui entoure le diamant, à s’étirer jusqu’à la pointe. Peu importe l’image retenue, elles disent toutes la même « chose » ! Peu importe l’angle d’attaque, ils visent tous le même sommet. Mais sur ce sommet, nul ne peut dresser sa tente, nul ne peut demeurer… sinon Dieu seul ! L’existence ou la pensée, la pensée ou l’existence, c’est un faux dilemme, un simple mouvement de balancier, effet de la pesanteur ! La raison permet aux hommes de « vivre paisiblement au milieu des énigmes et des terreurs qui les entourent », mais leur destinée singulière les acculent à « des questions qui excluent d’avance la possibilité de réponses raisonnables quelconques » (Léon Chestov rejoignant Carlo Michelstaedter alors qu’il est né avant et mourra après). Seul peut vivre entre « persuasion et rhétorique » celui qui, prenant conscience de son intermédiarité, s’en réjouit ; par contre celui qui n’entrevoit pas le mystère de sa position entre pensée et existence, ou celui qui, l’ayant entrevu, veut mettre la main dessus ou, ce qui revient au même, l’oublier, ceux-là sont acculés à la folie… ou à la religion.
Nous avons vu comment le mouvement de l’existentialisme est allé trop loin vers Carlo Michelstaedter. Le mouvement de retour du balancier s’esquisse avec des hommes comme Max Weber qui dénonce « le processus de rationalisation » à l’œuvre pour « désenchanter le monde », ou comme Leo Strauss qui attaque le positivisme et l’historicisme pour nous entraîner vers une « vérité méta-historique », ou encore un Karl Popper qui affirme sans ambages qu’une vérité n’est scientifique que si « elle s’expose sans cesse à ce qui peut la réfuter ou la falsifier ».
Carlo Michelstaedter nous prévient que penser est notre seule impossible mission, lorsqu’il nous raconte « les aventures de ce poids dont le destin est de descendre, et qui, s’il parvenait à ne plus pendre, à ne plus dépendre de rien (de sa propre pesanteur) mourrait en tant que poids ».
L’œuvre de Vladimir Jankélévitch me semble propre non pas à solutionner, mais à échapper à l’alternative fatale en la tirant vers le haut, vers « ce » qui dépasse et l’existence et la pensée de cette existence, vers « ce » qui pose les deux dans le même élan créateur généreux.
Vladimir Jankélévitch :


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MessagePosté le: Lun 24 Aoû - 16:42 (2009)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Ven 2 Oct - 17:17 (2009)    Sujet du message: bergson.. et jankélévitch ouvre une 3ème voie Répondre en citant

entre l'existentialisme et l'idéalisme qui peuvent tous deux conduire au suicide, coincés que nous sommes entre la réthorique qui n'est qu'apparence trompeuse, et la persuasion qui ne peut être que transparence tout aussi trompeuse, Bergson et, à sa suite, Janklélévitch, ouvrent une 3ème voie qui est celle de l'extrême vigilance au sein d'une impossible lucidité dans un brouillard bien humain! En effet l'expression "C'est bien humain!" exprime, paradoxalement et suffisamment, combien notre humanité nous tire sans cesse vers notre animalité!
dernièrement j'ai eu l'occasion d'expérimenter douloureusement à quel point, sous les dehors les plus chaleureux, se cachent en nous et autour de nous les intérêts les plus vils... Chaque pas vers la transparence, ou plus précisément vers un peu moins de duplicité, ne peut être en nous que le résultat des efforts les plus héroïques, tant nous sommes dans notre intérêt bien compris comme des poissons dans l'eau.
une fois admis cela, une fois dressées toutes les barrières possible entre nous et les images douillettes venues de notre passé de bébé bien nourri, hors de portée de tout idéalisme au moins momentanément, nous sommes à même de nous intéresser au monde qui nous entoure et aux autres dont le regard nous interpelle et nous dérange. Instantanément, transporté hors de la prison de l'existentialisme fermé sur lui-même par la rencontre de l'autre et de l'infini du monde, nous sommes des vivants. Et tant pis si l'instant suivant nous retombons dans nos ornières: nous ne retomberons jamais au même endroit!


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