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les space-madeleine

 
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MessagePosté le: Mar 24 Jan - 19:35 (2012)    Sujet du message: les space-madeleine Répondre en citant

Je veux vous raconter une petite histoire, l'histoire qui m'est arrivée le 7 janvier 2012, à la croisée de trois récits, celui des rois mages vieux de 2000 ans ou presque, celui de la madeleine de Proust il y a un peu plus de cent ans, et les vœux tous neufs de bonne année.
Décor de l’histoire :
Il faut préciser en ce qui concerne les rois mages, qu'ils étaient porteurs de cadeaux mystérieux parmi lesquels il y aurait eu de l'or, de l'encens et de la myrrhe... sans doute des noms de code gentils derrière lesquels l'église pudibonde a caché les vrais produits offerts, classés illicites à l'heure actuelle (c'est-à-dire permis uniquement aux riches) et destinés à faire voir la vie en rose (et pas que les éléphants!). Quoiqu’il en soit, ces produits offerts ont été capables de transformer une nuit tragique en une merveilleuse nuit de Noël, si merveilleuse que, depuis 200 ans, on fête le dénuement tragique de cette nuit sous des fastes de plus en plus incroyables.
Pour Proust Marcel et sa fameuse madeleine, des critiques ont écrit que le roman moderne commençait avec lui. En rompant avec la notion d’intrigue, l’écrivain devient celui qui cherche à rendre la vérité de l’âme, le premier des neuroscientifiques en quelque sorte, le premier a se poser la question de savoir pourquoi et comment nos cerveaux construisent des récits, comment ces récits se transmettent et nous construisent à leur tour.
Pour finir de planter le décor de mon histoire, rappelons que nous sommes en pleine période de vœux et que ces vœux sont eux aussi très mystérieux! Pourquoi souhaiter la naissance, la vie, le bonheur, la santé, et, en même temps, que souhaiter d'autre? A quoi ça peut bien servir et, en même temps, qu'y a-t-il de plus nécessaire au monde, de plus urgent?
Début de l’histoire :
C'est avec ces questions dans le cœur et dans la tête que je me suis endormi très tard ce vendredi 6 janvier et avec les mêmes que je me suis réveillé ce samedi 7 janvier autour de 9 heures. Le soleil perçait à peine à travers les vieux volets en bois. J’ai contemplé le plafond de la chambre, m’efforçant pour la énième fois de trouver un ordre rassurant dans l’agencement des lambris. J’ai vite renoncé à ce petit jeu et, avec un bisou dans le cou, j'ai demandé à Michelle: "Un petit café?... Avec des tartines?...". J’étais certain de la réponse enthousiaste, mais pas du nombre de tartines, depuis que Michelle fait un régime sérieux pour entrer dans la robe de mariée. J’ai entendu : « une tartine », j’ai descendu les 2 étages et je me suis affairé à la confection de nos petits déjeuners.
Pour ce rite, j’ai accompli les gestes que j’ai améliorés et ordonnés, jour après jour, en vue d’une efficacité maximum : j’ai commencé par ouvrir le poste préréglé sur Nostalgie, histoire de revenir avec des chansons à l’époque où je me levais d’un bond et sans nostalgie aucune. Puis j’ai mis la cafetière en route avant de couper le pain de la veille pour le mettre dans le grille-pain. Pendant que le pain grillait, j’ai disposé les bols et le sucre dans les bols, le cacao dans le mien, puis le lait avant de le mettre aux micro-ondes. J’ai tartiné le pain, etc. En dix minutes, j’étais prêt pour la remontée vers la chambre, portant le plateau qui est mon message d’amour quotidien. Michelle m’attendait, bien calée sur les oreillers ; je lui ai passé le plateau après avoir disposé ma part à moi sur ma table de nuit, et je l’ai embrassée. Puis je me suis assis sur le lit et, tous deux, nous avons dégusté en silence le meilleur repas de la journée.
Jusque là tout était bien réglé, ordonné, indispensable et inéluctable… Mais après, je suis entré dans l’inconnu de l’aventure du Week-end, peuplé d’incertitudes et de doutes ! Depuis déjà quelques jours, une housse toute neuve, cadeau d’une sœur de Michelle pour son anniversaire, attendait sagement notre bon vouloir pour prendre sa place, et nous faisait de l’œil. J’ai sauté sur l’occasion et proposé mon aide à Michelle. Un moment plus tard, sur la vue d’un beau lit tout neuf, j’ai quitté la chambre en demandant à Michelle si elle avait besoin de mon aide. Comme chaque matin, elle allait rendre visite à sa maman et l’installer pour la journée, et elle m’a demandé de couper le chou qui était dans la cuisine et de le faire cuire pour midi puisque les jeunes devaient venir manger avec nous.
Je suis donc descendu à la cuisine et j’ai trouvé le chou dans un carton sur la table. Je l’ai coupé et mis à cuire. Voulant débarrasser le carton, je suis tombé sur un plastic qui contenait deux petites madeleines, apparemment faites maison. Gourmand et curieux, après quelques hésitations pas trop existentielles, j’ai mangé une des madeleines et j’ai rangé l’autre dans le frigo avec des restes de gâteaux d’un anniversaire. Je ne l’ai pas trouvée très bonne. J’ai baissé le feu sous le chou et je suis monté au salon : je sortais d’une bronchite et j’étais fatigué. Mon intention était de regarder un film enregistré à la télé (grâce à notre free box révolution ! La publicité n’est pas interdite dans les récits évangéliques !), en attendant le retour de Michelle et l’arrivée des jeunes.
Développement de l’histoire (où ça devient vraiment une histoire)
Je me suis installé sur le canapé et j’ai lancé le premier film de la liste des enregistrements. Je l’ai trouvé nul et la tête s’est mise à me tourner un peu… Ou bien ça a été l’inverse ? Je ne sais plus ! Toujours est-il que je l’ai supprimé de la liste, et que j’en ai lancé un autre… La même sensation de tournis a repris et j’ai compris que ce n’était pas dû au film mais à moi. J’ai arrêté la télé et me suis étendu sur le canapé, attribuant cette fatigue passagère à la bronchite mal soignée. De toutes façons je n’avais rien de mieux à faire qu’à me reposer et la sensation d’être fatigué et vaporeux quand on a rien à faire ne m’a jamais été désagréable, bien au contraire ! Se laisser aller, quel luxe au lendemain des fêtes et au début d’un long week-end !
Un moment après Michelle est rentrée et d’en haut je lui ai lancé : « Ta maman, ça allait ? Le chou doit être cuit ! Je ne me sens pas bien, ça tourne un peu ! ». Elle m’a répondu : « Bon ! Reste allongé sur le canapé ! ». J’ai dû somnoler un peu et, dans un semi sommeil,  j’ai lancé en direction du bas : « ça tourne mais ce n’est pas désagréable ! ». Michelle est montée : elle m’a vu un peu palot et s’est inquiétée, mais, rassurée par sa présence, j’ai pu, à mon tour, la rassurer. Ainsi va l’amour ! Michelle est redescendue s’affairer au repas et, peu après, j’ai entendu les jeunes qui arrivaient. Ils sont montés me faire la bise : ils ont vu que j’allais mal et cela les a affectés. Je les voyais embé »tés et tentais de les rassurer eux aussi mais c’étati de plus en plus difficile. Ils sont redescendus et m’ont laissé seul.
De minute en minute, le tournis s’amplifiait et m’angoissait un peu. Tout d’un coup j’ai ressenti que si je me laissais aller au sommeil, j’allais tomber dans un grand trou noir, mort ou coma : je me suis redressé comme j’ai pu. Tout en me sentant un peu ridicule, je n’ai pu m’empêcher de crier à l’adresse de Michelle,: « Je ne sais pas ce qui m’arrive ! Ca me fait comme un malaise ! ». J’angoissais vraiment : je ne savais pas si je pourrais luter encore longtemps contre le sommeil mortel : c’était la sensation du chauffeur qui s’endort et qui lutte de plus en plus désespérément contre le sommeil ; ou encore la sensation du naufragé qui sombre, à bout de souffle et s’accroche de toutes ses forces à la surface. Je ne pouvais plus crier ni faire de gestes, juste maintenir encore l’équilibre en geignant, en soufflant et en me frottant la figure. J’allais supplier Michelle d’appeler le SAMU.
Dénouement de l’histoire :
C’est alors que Michelle est montée : elle avait discuté avec les jeunes, ils lui avaient parlé des madeleines et ils avaient compris. Elle m’a simplement demandé si j’avais trouvé les madeleines qui étaient avec le chou et, immédiatement, j’ai à mon tour compris. Malgré l’impossibilité où je me trouvais de rire ou de faire quoique ce soit, trop occupé à respirer pour survivre, j’ai réussi à leur dire que j’avais mangé une madeleine, que j’étais content de savoir que ce n’était que « ça » et qu’ils n’avaient aucun soucis à se faire ! J’ai quand même continué à geindre, à souffler, à me frotter le visage et à changer constamment de position pour ne pas sombrer dans le sommeil et la mort… Puis petit à petit ma respiration s’est faite plus facile : quelques heures plus tard, l’angoisse avait fait place à une grande fatigue, un immense détachement, et j’ai dormi.
Moralité de l’histoire :
Je me garderais bien de tirer une quelconque moralité, laissant à chacun le soin de faire un récit de noël avec ses propres madeleines… celles de son enfance et celles que les rois mages ou le père noël lui ont apportées en ce début d’année.


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MessagePosté le: Mar 24 Jan - 19:35 (2012)    Sujet du message: Publicité

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